Dès lors, le nouveau leader Chinois fait preuve de sa volonté de transformer le pays, en commençant la politique économique de celui ci.
Du 18 au 22 décembre 1978 se tient la troisième Session plénière du XI Comité central du Parti communiste chinois, au cours de laquelle Deng Xiaoping tient un rôle majeur. Elle marque un véritable tournant pour le pays et des décisions d’une importance majeure y sont prises : C’est le début de l’ouverture et de la libéralisation du pays.
A l’intérieur du pays, cela se traduit par un recul du rôle de l’Etat dans la vie économique. Des réformes de l’agriculture mènent à une dé-collectivisation des terres et à une individualisation des productions. Les agriculteurs doivent toujours vendre une partie de leurs surplus à l’Etat, mais les prix de rachat de celui ci augmentent. La nouveauté la plus marquante réside pendant dans la création d’un marché libre pour la vente des surplus de production. Les producteurs sont désormais autorisés à dégager un profit. La notion de rentabilité gagne en importance dans la manière de penser la production. Au milieu des années 80, les communes populaires et le monopole de l’Etat sur les céréales disparaissent. Le contrôle du gouvernent se relâche également sur le secteur industriel.
Cependant, ce ne sont pas les réformes concernant l’intérieur du pays qui sont les plus frappantes. L’arrivée au pouvoir de Deng Xiaoping marque aussi le début d’une toute autre attitude de la Chine à l’égard du reste du monde et une véritable inflexion dans la gestion de ses relations internationales. La Chine veut désormais se moderniser et encourager la coopération économique avec les autres pays : commence alors une véritable politique d’ouverture pour le pays, une marche vers ce que les dirigeants chinois qualifient d’ « économie socialiste de marché ».
Développement économique et modernisation du pays sont désormais des priorités pour le gouvernement chinois afin d’augmenter la part des exportations dans l’économie du pays. Pour cela, le pays décide de s’appuyer sur les investissements étrangers.
Un nouveau concept voit alors le jour : celui des ZES ou zones économiques spéciales, qui visent à accueillir et à favoriser les investissements étrangers dans le pays. Les entreprises intégralement possédées par des étrangers sont autorisées à s’y établir, et celles ci bénéficient de nombreux avantages qui rendent ces zones très attractives : Le taux d’imposition sur les bénéfices appliqué dans ces zones est fixé à 15%, alors qu’il est de plus de 30% dans le reste du pays. Les produits exportés depuis ses zones sont exemptés de droits de douane. Les prix de location de terrain dans ces zones sont attractifs et les baux s’étendent généralement sur de longues périodes. Les bénéfices générés par les entreprises installées dans ces zones peuvent facilement être transférés à l’étranger. Nombre d’entreprises étranglèrent profitèrent donc de ces avantages, notamment l’entreprise automobile française Peugeot.
Celles ci sont également installées sur les littoraux, qui sont des espaces de contact privilégiés avec le reste du monde. La plus productive de ces zones économiques spéciales, qui sont aujourd’hui au nombre de 6 est celle de Shenzhen, qui connait une croissance économique annuelle de l’ordre de 25% en moyenne depuis les années 80. De plus, la zone n’attira pas uniquement les industries puisqu’elle fut également très attractive pour les investissements touristiques et immobiliers.

Ces mesures s’inscrivent principalement dans une volonté du gouvernement, impulsée par Deng Xiaoping, de moderniser le pays. On parle d’ailleurs du programme des « Quatre modernisations », lesquelles passent par des transformations dans les domaines de l’industrie, de l’éducation, de l’armée et de l’agriculture. Le pays s’équipe des dernière technologies dans tous ces domaines et modernise largement ses équipements. Il faut cependant notre que ce programme fut la cible de vives critiques de la part de la communauté internationale, européenne notamment, mais aussi d’une certaine partie du peuple chinois lui même : en effet, beaucoup attendaient de voir naître une « cinquième modernisation », celle de la démocratie, ce qui ne fut jamais le cas.
Manifestation de la place Tiananmen pour la démocratie en 1989
Ces réformes rencontrèrent cependant un immense succès et permirent un véritable décollage économique de la Chine, qui devint dans les années qui suivirent une véritable superpuissance à l’échelle mondiale, qualifiée « d’usine du monde », jusqu’à devenir, en 2014, la première puissance économique de la planète. Cette modernisation lui a permis de s’illustrer dans de nombreux domaines et elle est aujourd’hui un acteur majeur sur la scène internationale.