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3. Le cas Hong-Kong

Hong Kong est une île plutôt intéressante pour étudier les relations entre l’Europe et la Chine, étant donné que la rétrocession de Hong-Kong à la Chine en 1997 est perçue comme la fin de « l’humiliation chinoise », et le début d’un certain revanchisme. 

A la suite de la première guerre de l’opium, le document de la convention de Chuenpi stipule la cessation de l’île de Hong Kong aux Britanniques, malgré qu’il n’ait jamais été signé par les deux gouvernements, selon Marina Dyja et Dorien Malovic. Alors, dès le 26 janvier 1841, les troupes britanniques plantent leur drapeau sur l’île signalant l’occupation. A la suite de cela, la Chine va accepter les termes du traité de Nankin et cette cessation, afin d’éviter une nouvelle expédition militaire occidentale. L’île est ainsi cédée à « perpétuité » aux Anglais et le 26 juin 1843, Hong-Kong est officiellement déclarée « colonie britannique », et Lord Henry Pottinger devient son premier gouverneur. La Chine fait alors face à l’ère coloniale européenne du XIXe siècle. 

L’île ne représente que 120km2, soit une toute petite partie du territoire de l’empire chinois. Pourtant, ces kilomètres représentent une perte de la souveraineté chinoise, mais aussi une humiliation et à la fin du complexe de supériorité sur les étrangers – européens et américains. Tandis que pour les Européens, le traité de Nankin et la cessation de l’île représentent une percée dans l’empire chinois et l’ouverture de ce dernier, importante pour l’hégémonie du Vieux Continent. Et la perte du sinocentrisme. De plus, selon Marina DYJA, Dorian MALOVIC, Hong-Kong parait, aux yeux des dirigeants chinois, comme l’origine de tous les « antagonismes entre la Chine et la Grande Bretagne, et plus largement les Européens », et, restera une profonde blessure sur laquelle les discours se heurteront jusqu’à aujourd’hui. D’autant plus que l’influence européenne reste et restera ancrée à Hong-Kong avec la démocratie qui se cogne à l’État autoritaire chinois actuel, d’où les nombreuses pressions exercées sur l’île, malgré la volonté britannique d’obtenir un système démocratique sur l’ancienne colonie.

Pour en revenir à la colonie britannique, Hong Kong est une ile particulièrement intéressante pour les marchands avides : en effet, ils se trouvent loin de la corruption et de l’emprise chinoise sur le commerce. Ainsi, entre 1841 et 1845, on passe de 4 000 à 20 000 habitants, dont seulement 600 Européens. On observe une importante migration chinoise qui peuple l’île britannique ; cette même migration permettra le développement et la prospérité de Hong Kong. Les Chinois trouvaient un intérêt dans la politique britannique du laisser-faire, à la différence du contrôle constant et de l’autorité de l’empire chinois, qui empêchait la population de se libérer ou de marchander librement. Pourtant, les Européens contrôlaient Hong-Kong par leur système sociétaire hiérarchique : en effet, seuls les « blancs », les Européens pouvaient obtenir des postes importants et intégrer le Club de Hong Kong (Hong Kong Club fondé en 1846), tandis que les Chinois, les femmes, les Indiens, les petits commerçants, et autres restaient à l’écart de tout cela, étant des « indésirables », en quelque sorte. Les Britanniques ne souhaitaient qu’une chose : continuer son expansion en Chine, et même en Asie, et ainsi accroitre sa puissance, rendant les relations avec Pékin compliquées puisque ce dernier souhaitait, rapidement, revoir les termes des différents traités émis après les guerres de l’opium. Sans doute la Chine souhaitait retrouver ses territoires perdus au profit des Européens, en essuyer cette période « d’humiliation ». D’autant plus que la Chine perd Taiwan à la suite d’une guerre contre le Japon en 1894. Par ailleurs, lors de cette expédition japonaise, la Russie, la France et l’Allemagne portent secours à la Chine, demandant des concessions par la suite. 

Hong Kong se place donc comme un échec pour l’empire chinois et le lien avec le monde extérieur, notamment avec le monde occidental et européen. 

Il est par ailleurs nécessaire de se pencher sur la question de la reprise de Hong Kong dans l’après-guerre par la Chine. Au cours d’un entretien en 1944 entre les Chinois et les Britanniques, la question du nationalisme qui domine en Chine se pose. Lors de la conquête de la Chine par les troupes de Mao, la prise de l’île semblait inévitable mais ces mêmes troupes s’arrêtèrent avant. 

Enfin, en 1990, la Constitution de Hong Kong fut adoptée, marquant ainsi le début de l’indépendance de l’île face au jouc britannique. Peu à peu lors des élections législatives, les Britanniques s’éclipseront, laissant la place aux Hongkongais, élus au suffrage universel direct, pour la première fois de son histoire. Cela marque également la fin de la possession britannique et des traités en vigueur. De ce fait, Hong Kong est une place forte pour étudier les relations entre la Chine et les Européens, d’autant plus que l’île se retrouve au cœur de l’actualité et souhaite sa totale indépendance afin de ne pas se retrouver sous la domination chinoise, prévue en 2047. 

 

 

 

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